Mineur harmonique
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La gamme mineure harmonique est la mineure naturelle dont le septième degré est haussé d'un demi-ton. En la, cela donne la si do ré mi fa sol dièse. Ce septième haussé rétablit la sensible qui manque à la mineure naturelle et transforme l'accord du cinquième degré, de mineur en septième de dominante : c'est pour cela qu'on a haussé la note, et de là vient le nom.
Un degré haussé, et tout ce qui en découle
La mineure naturelle de la se lit la si do ré mi fa sol. Haussez le sol en sol dièse et deux choses changent d'un coup. D'abord, le septième degré se place un demi-ton sous la tonique et tire vers elle. Ensuite, l'écart entre le sixième et le septième degré s'élargit à trois demi-tons : c'est la seconde augmentée, l'intervalle qui donne à cette gamme sa couleur immédiatement reconnaissable.
La conséquence harmonique est tout l'enjeu. En mineur naturel, le cinquième degré porte un mi mineur qui ne mène nulle part. Avec sol dièse il devient mi majeur, et avec la septième ajoutée un accord de septième de dominante : l'attraction vers la mineur devient aussi forte qu'en majeur. Personne n'a inventé la gamme pour composer ensuite avec elle ; on haussait la note là où la cadence l'exigeait, et la théorie a nommé le résultat après coup.
Le solfège en a fait trois gammes ; la musique n'en connaît qu'une
L'enseignement présente la mineure naturelle, la harmonique et la mélodique l'une après l'autre, et l'on en retient qu'il faut mémoriser trois gammes distinctes. Dans les partitions, ce sont trois états d'une même tonalité : la descente emprunte la naturelle, la cadence appelle la harmonique, la montée vers la tonique passe par la mélodique — parfois à l'intérieur d'une seule phrase.
Le repère pratique tient en une question : quel accord sonne en ce moment ? S'il s'agit de la dominante, le septième degré est haussé, quoi qu'on ait joué la mesure d'avant. C'est ainsi que la mineure harmonique existe réellement — non comme une gamme parcourue de la tonique à la tonique, mais comme une note haussée à l'endroit voulu.
La seconde augmentée, et ce qu'elle n'est pas
Entre fa et sol dièse se trouve un pas de trois demi-tons, plus large que tout ce que contient la gamme majeure. C'est le son que la plupart des auditeurs qualifient d'exotique, et la raison pour laquelle cette gamme surgit dès qu'une musique de film veut désigner un ailleurs. Cela renseigne davantage sur les habitudes de l'orchestration au cinéma que sur les musiques visées.
La distinction mérite d'être nette. La seconde augmentée est un intervalle ordinaire du tempérament égal, jouable sur n'importe quel piano. Les traditions qu'on évoque ainsi — maqam arabe, makam turc — emploient des hauteurs situées entre les touches, impossibles à rendre au piano. La mineure harmonique peut leur ressembler de l'extérieur ; elle ne les contient pas.
Sept modes, et celui qui compte
Comme toute gamme de sept notes, celle-ci se lit depuis chacun de ses degrés et produit sept modes. La plupart restent du matériau de spécialiste, mais le cinquième — le phrygien dominant — s'emploie plus que la gamme mère elle-même. Lisez la mineure harmonique de la depuis mi : mi fa sol dièse la si do ré, une tierce majeure avec une seconde mineure au-dessus, c'est-à-dire la couleur du flamenco, du klezmer et d'une bonne part du métal.
Pour le guitariste, l'avantage est direct : apprendre la gamme mère donne le mode par-dessus le marché. Le doigté ne change pas, seul change le point d'appui. Le plus rapide est d'entendre les deux : une phrase qui se pose sur mi au-dessus d'un accord de mi septième, puis la même figure qui se pose sur la au-dessus de la mineur.
Les accords qu'elle engendre
Harmonisée par tierces, la gamme donne un ensemble qu'on ne trouve nulle part ailleurs : tonique mineure, deuxième degré diminué, troisième augmenté, sous-dominante mineure, septième de dominante au cinquième, sixième majeur et septième diminuée au septième degré. Deux d'entre eux justifient l'étude entière : la dominante et l'accord de septième diminuée, qui se résolvent vers la tonique avec une force que la mineure naturelle n'a pas.
À la guitare, la gamme se range confortablement en trois notes par corde, et la seconde augmentée tombe dans un écart entre l'index et l'auriculaire : c'est là toute la difficulté technique, et la raison pour laquelle le vocabulaire néoclassique des années quatre-vingt s'y est tant appuyé. Au piano, le doigté suit la mineure naturelle à une note près, mais le travail revient à l'oreille : jouez une cadence avec dominante et improvisez dessus en ne haussant le septième degré que sur la mesure de la dominante.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la gamme mineure harmonique ?
La mineure naturelle avec le septième degré haussé. En la : la si do ré mi fa sol dièse.
Pourquoi l'appelle-t-on harmonique ?
Le septième haussé transforme l'accord du cinquième degré en septième de dominante et donne au mineur une cadence forte. Le changement a été fait pour l'harmonie.
Quelle différence avec la mineure mélodique ?
La harmonique hausse seulement le septième degré ; la mélodique hausse le sixième et le septième en montant. L'une sert la cadence, l'autre la ligne ascendante.